jeudi 28 mai 2009

Ouara


Dimanche, toute l’équipe d’Architectes de l’urgence Abéché, nous avons fait une chose qui me paraissait impensable il y a quelque temps…
Nous avons fait du tourisme au Tchad !!

Et oui, pour vous faire un petit cours de géographie, Abéché est la capitale d’une région qui s’appelle le Ouaddaï. Et le Ouaddai est un sultanat (le sultan habite toujours ici) qui à connu, avant l’époque de la colonisation, un passé glorieux. Abéché était une ville d’importance politique et commerciale.

Mais au milieu du 17eme siècle, les sultans avaient leur capitale à Ouara à une soixantaine de kilomètre au nord d’Abéché.
Aujourd’hui, on se perd sur des pistes qui n’existent plus vraiment pour suivre au loin la présence de la colline au milieu du paysage désertique. C’est en contournant le pic rocailleux que l’on découvre un incroyable cirque accueillant qui s’ouvre sur l’infini du désert.
Au cœur de ce paysage accueillant, une masse en brique hurle sa présence au sable au vent, au soleil, aux pierres pour leur dire ; « je ne suis que terre mais je résiste et vous ne m’aurez pas ».
Ce qui est faux bien sur puisque chaque année Ouara disparait toujours un peu plus.

Ce voyage a aussi une autre signification puisque l’équipe précédente avait essayé d’y parvenir aussi et s’était retrouvée perdue, ensablée à devoir appeler les militaires de l’Eufor à l’aide en pleine nuit !
Pendant des mois, certains nous appelaient les presque Ouara !
C’était donc aussi l’occasion de redorer le blason de l’ONG !!!

mardi 26 mai 2009

Un invité spécial :

Soirée Abéchoise chez première urgence. Les architectes de l’urgence, nous débarquons à 6 dans la guest house, une natte est installée dans la cour avec des coussins, une table basse, les traditionnelles bières (Castel et Gala), une bouteille de vin (kaï, ça fait du bien) et une quinzaine d’invités. Tous des expatriés.
Tous ? Sauf un qui est la en tant que touriste, qui vient faire une tournée dans l’Est avec PU pour visiter des camps. Ce un, il s’appelle Patrick Timsit (Spécialement pour mes grands parents, je précise que c’est un humoriste et acteur Français).
C’est la petite surprise de la soirée ce type jovial et imbibé qui carbure au pastis, à la gestuelle accentué.
Il s’est même permis d’inviter à danser notre administratrice Maroa pendant un bon quart d’heure. Il faut que je me décide à accepter qu’elle à des atouts supplémentaires car, moi, il m’a à peine capté.

Voila, le Tchad est un coin à peoples puisque j’ai dormis durant 3 mois dans la chambre qui avait accueilli Georges Clooney, à coté de celle qui avait servi à Anjolina Joly (comment ca s’écrit tous ces noms de star ??).

lundi 25 mai 2009

Un réveil au tribunal

La fondation des architectes de l’urgence au Tchad à des soucis avec la location de sa voiture à Abéché. C’est un moyen de déplacement nécessaire. Passer par la location est ce qu’il y a de plus pratique et surtout de plus sûr. La voiture n’étant pas à nous, nous évitons le risque, très courant ici, de nous la faire voler. De même, nous faisons attention à ce que les chauffeurs soient inclus dans le contrat afin de ne pas à avoir l’inconvénient de les employer.

Mais voila, fin décembre tout s’est grippé.
Notre chauffeur, Fadul, (ancien chauffeur de l’arche de Zoé, et oui on est aussi très fort dans notre politique d’embauche, je reviendrai dessus un jour…) appelle le chef de mission de l’époque pour lui signifier qu’il avait perdu les clefs de la voiture. Perdre des clefs de voiture…
C’est anodin..
Ca pourrait l’être si le propriétaire n’avait pas décidé de nous poursuivre en justice et si on ne se retrouvait pas sous la menace de devoir payer 20 000 000 de francs CFA de dommages et intérêts…
Nous avons fait venir un avocat de N’Djamena, avocat qui n’a pas chômé puisque dans la foulée, le propriétaire suivant (fin décembre début janvier) nous poursuit à son tour pour nous réclamer 2 000 000 pour rupture de contrat intempestive.

Sachant tout cela, travaillant tranquillement sur mon projet de village des femmes, je reçois un appel de Lucile, ma chef de mission en séjour à la capitale :
« Benjamin, je suis désolé je ne rentre que mercredi »
« Bon bah, oui, pas de problème. »
« Si. Je suis convoquée au tribunal à Abéché demain matin tu dois y aller, je suis désolé… »

Mercredi matin, à 6h30, j’ai rendez vous avec des manœuvres pour négocier des travaux, après je m’attaque goulument à ma traditionnelle tartine confiture fraise ED accompagné du chaï. Je suis dérangé au bout de ma quatrième bouchée par un de nos chefs de chantier qui devait prendre l’avion et qui a été refusé à l’embarcation. Je prends mes cliques, l’accompagne à l’aéroport pour discuter et régler l’affaire. Puis l’heure avançant, je me rend directement, pour la première fois de ma vie, au tribunal.

Le chauffeur me dépose devant le bureau du juge, j’attends les 9h00, puis je me décide à entrer quand la porte se ferme brutalement. Un militaire me dit que le juge ne reçoit plus car il a une audience publique à tenir. Ne sachant pas exactement à quoi je suis convoqué, ni réellement pourquoi, je rentre dans la salle d’audience avec mon chauffeur Ibrahim.

Une salle sombre, les murs peints en marron jusqu’à mi hauteur, remplie de bancs en bois ciré. Le tribunal est comble, des gens sont assis dans l’allée. Tous les hommes sont en djellaba blanche avec leur traditionnelle coiffe. Ceux qui entrent avec le cheich se font réprimander par le gendarme. Je trouve une petite place tout derrière à coté de femmes (c’est sans doute pour ca que la place était libre).

Au fond, un long bureau fait face à l’assemblée, sur une estrade, et juste devant, la fameuse barre. La cour entre. Tout le monde se lève. Trois juges, un greffier, un traducteur. Le juge ouvre la séance, tout le monde s’assied.
Le premier dossier est appelé, c’est une histoire de propriété cadastrale, deux femmes, dignes, qui écoute le verdict court et efficace du juge : 1 minute et 13 secondes.
Les affaires commencent à s’enchainer, je commence à me demander ce que je fous la. Je me lève, joue des coudes et sort de la salle à la recherche d’un autre bureau. Je trouve enfin un greffier de l’autre coté qui daigne m’écouter au bout d’un quart d’heure d’une agitation sans queue ni tête, il me demande ma convocation. Je réponds que je n’ai aucune idée d’où elle est. Il me demande qui doit me recevoir, je lui réponds que je n’en sais rien. Il me dit qu’il ne peut donc rien faire pour moi…

Je retourne donc, dépité, dans ma salle d’audience, retrouve ma place de cancre au fond de la salle (sauf que la, il n’y a pas de radiateur) et j’attends, j’écoute les plaintes, les délibérations. Des affaires durent plus que d’autre. Je vois, entre autre, un grand père s’énerver dans tous les sens contre son adversaire, mais surtout des tas d’affaires de cadastre… J’ai surtout retenu une des délibérations du juge: « en vertu des droits qui me sont…. Je déclare monsieur untel devoir jurer sur le coran qu’il n’a pas vendu son terrain. »

Il fait chaud, j’ai envie de dormir, les débats sont majoritairement en arabe, je m’affaisse.
« L’affaire qui oppose Ismaël Abdallah à l’ONG « architectes de l’urgence. » appel le juge.
Kai !!
Je me lève, rejoint le fameux Ismaël (que je n’avais jamais rencontré) à la barre. Une vrai barre métallique, solide, à laquelle je m’accroche de toutes mes forces pour ne pas à avoir à plaider un cas que je ne connais pas du tout.
Mon voisin de barre, un homme un peu gras (donc riche et bien portant), ne m’adresse pas un regard. Le juge parle seul, m’explique que nous avons deux semaines pour préparer notre réponse. Ismaël intervient pour dire que une semaine suffirait largement, mais finalement le juge tranche à deux, j’essaie d’articuler un oui timide puis l’affaire est renvoyé et je sors de la salle.
57 secondes.
Ma première audience publique…
Je devais venir au Tchad pour ca…

mercredi 20 mai 2009

18/05 au soir.

Les filles sont toutes parties, Lucile à N’Djamena, Marine et Maroa sur le terrain à Guereda. Michel et moi sommes seuls à la base. Cet après midi nous avons réussis à trouver une imprimante pour imprimer le dossier que nous allons présenter demain à MSF pour le projet du village des femmes. Ce soir, nous nous reposons, Michel se sent un peu faible. Le soleil s’est couché comme à son habitude ; et la fée électricité n’est définitivement pas tchadienne. J’ai allumé la lampe tempête pour y voir un peu. Je me suis réchauffé les restes de midi que je vais pouvoir manger tranquillement, seul, avec Conrad et ses récits marins.

Après le repas, je profite de mes dernières gouttes de batteries pour écrire un peu sur mon ordinateur. Dehors, j’entends les rumeurs de la ville, les voitures qui passent dans la rue et les hélicoptères de l’armée tchadienne qui continuent d’aller surveiller la bas au sud, au loin. J’ai la satisfaction du travail fait, nous avons travaillé, Michel et moi tout le WE sur ce dossier. La chaleur baisse petit à petit, je commence à ne plus trop transpirer, un petit courant d’aire traverse régulièrement la pièce. Ma bouteille d’eau est la, à coté de moi, toujours prête, la deuxième de la journée, ou la troisième ?

Tout à l’heure, comme chaque soir, j’irai remplir mon seau d’eau dans la cour, prendre un gobelet puis j’irai prendre ma douche. J’ai rarement pris autant de plaisir qu’ici à me verser cette eau plus ou moins fraiche, sur le dos, dans le noir. J’oublie en un instant toute la chaleur de la journée, tous les soupirs, je suis prêt pour aller dormir.

J’ai installé mon lit dans la petite cours sous les étoiles. A l’intérieur, la chaleur m’est insupportable. A 5h00 le soleil se lève et la nuit nous abandonne, mais au moins le rafraichissement nocturne nous a permis de nous reposer véritablement.

Voila mes soirées à Abéché.

Tranquilles, simples…

PS : Le mercredi 20 je représente la fondation des architectes de l’urgence, en l’absence de Lucile, à l’audience du tribunal d’Abéché pour écouter la plainte d’un des loueurs de voiture qui nous poursuit en justice. Je vous raconterai plus en détail…

dimanche 17 mai 2009

Nouveau projet

Je me réveille, ma chemise est trempée, je sens ma tète lourde. Je regarde ma montre. Je me suis laissé aller à une petite sieste pas prévue du tout. Par terre, dans ma nouvelle chambre que je devrais bientôt partager. Il est presque 16h00. Je suis seul, les filles sont parties. Elles m’ont laissé un mot pour me dire qu’elles sont allées consulter internet à la cantine du HCR. Lucile me précise aussi : « aujourd’hui on est JEUDI, il faut que tu annule ton rdv avec Serge ». Effectivement je pensais que l’on était mercredi. Et effectivement demain, vendredi, je vole sur Bahaï, pour passer le we et récupérer mes affaires. Et effectivement je vais encore passe pour un con. « Écoute Serge, excuse moi, je pensais que l’on était mercredi… », « Excuse moi Serge, le temps passe trop vite pour moi, je ne le maitrise pas » « bon, Serge, tu ne vas pas m’enmerder pour une question de date !! » « Oui Serge, tu as raison, je suis à la masse » Apres réflexion, je vais peut être utiliser un « excuse moi, j’ai un imprévu de première importance, tu sais avec la conjoncture… »
Serge travaille chez MSF, et moi, je vais travailler avec lui sur le projet du village des femmes papillons. Ce projet initié par MSF Suisse, est prévu pour porter aide aux femmes atteintes de la fistule.
La fistule en termes médical, signifie la communication entre deux organes. Quand on parle de Fistule féminine, c’est la communication entre le système vaginal et le système fécale du à un déchirement du vagin. Ici cette maladie est plus fréquente à cause des pratiques de circoncisions et surtout des premières pénétrations qui ont lieu souvent beaucoup trop tôt chez la femme (elle se marie entre 12 et 16 ans). C’est une maladie honteuse car la femme se trouve dans l’impossibilité de retenir ses besoins. Une femme atteinte de la fistule impose donc à son entourage une odeur qui, très souvent, les exclut totalement de la société.
Cette maladie peut être opérée, mais l’intervention est assez délicate. L’objectif du village des femmes papillons est de pouvoir accueillir ces femmes en pré et post opératoire dans un lieu qui leur est réservé, ou elles peuvent se sentir à l’aise. L’objectif étant qu’elles puissent, en sortant de la, réintégrer de nouveau la société et envisager un nouveau départ, un nouvel envol (d’où la dénomination de village papillon).
C’est MSF Suisse qui pilotera l’opération dans l’objectif que très rapidement on puisse céder ce service à l’hôpital d’Abéché.
Pour l’instant, Architectes de l’urgence, est mandaté pour le dossier de consultation des entreprises. Peut être auront nous un jour à suivre le chantier ? Pour ce projet, un architecte de 50 ans est envoyé de Paris pour trois semaines, je suis sensé l’assister.

mercredi 13 mai 2009

Point sécu

Aux dernières nouvelles, les rebelles seraient coincés entre les forces Tchadiennes et la frontière. Mais sont ils tous la? Ou d'autres colonnes sont elles infiltrées dans le pays?
Le président Déby est, quand à lui, sur de sa victoire puisqu'il vient de décréter la journée d'aujourd'hui fériée pour fêter la victoire!
On entendait dans la rue des cortèges passer en manifestant leur joie. Le centre ville nous est déconseillé pour éviter de croiser des militaires fêtant leur victoire un peu trop brutalement.
Les hélicoptères de l'armée continuent de décoller tous les matins.
La ville et les ONG continuent à poursuivre leurs activités dans le calme, la menace semblant s'éloigner de plus en plus.

samedi 9 mai 2009

Navrant

Ca pourrait être drôle si ce n’était pas tragique. Les rebelles ont enfin mené l’attaque attendue depuis si longtemps, celle que l’on me promet depuis que je suis arrivé. J’ai pensé, pendant longtemps, que ça allait tourner « en attendant Godot », mais finalement, c’est plutôt « beaucoup de bruit pour rien ». Sauf, qu’il y a des gens qui crèvent et d’autres que l’on affame pour ce péplum de mauvaise qualité.

Le scénario est tellement peu original. Un dictateur s’accroche au pouvoir tant qu’il peut. Ceux qui grimpent dans les arcanes pour arriver près du pouvoir ne s’en satisfont jamais. Qui sera le futur Deby, celui qui pourra lui aussi s’asseoir dans son palais rose, remplir ses comptes en banque et exercer son pouvoir sur ses proches ?

Pour l’instant, il semble qu’il faille attendre encore avant de connaitre la réponse.
Les rebelles ont déclenché les offensives jeudi dans l’est, au sud d’Abéché. Immédiatement les troupes qui avaient déjà fait mouvement dans la région sont intervenues soutenues par la toute nouvelle aviation que s’est payé Deby avec le pétrole (A Abéché, il y a deux sukoï et 6 hélicos de combats pilotés par des mercenaires ukrainiens qui décollent tous les jours).

Apres deux jours et demi de combat, les rebelles semblent sonner la retraite sur le Soudan. Les infos que l’on a ne sont pas toutes fiables, mais les combats sont au sud d’Abéché et les risques pour nous d’être atteints semblent de plus en plus faibles. D’ailleurs, personne ne s’affole vraiment, les activités continuent.

Je suis revenu sur Bahaï ce WE pour récupérer mes affaires et je retourne à Abéché Lundi.
Vraiment, il est dur d’être Tchadien et d’avoir de l’espoir….

mercredi 6 mai 2009

Le Cameroun :

N’Djamena, il fait une chaleur lourde à faire transpirer un dromadaire, j’attends Marjolaine, il faut que je fasse mon visa, ce qui va me prendre quelques jours, puis on sera prêt à traverser. Parce que, aller au Cameroun, c’est tres simple, il suffit de traverser le Chari par le pont et on se retrouve à Koussieri. Pour ca on emprunte un taxi qui nous emmène à la frontière, puis on monte sur deux motos clando qui nous conduisent jusqu’à la gare des cars.
Ca y est le voyage est commencé, attendre des bus, prendre des motos taxi, se serrer dans les taxis brousse, manger des brochettes sur le trottoir, négocier des prix, chercher des hôtels…
Traverser le Cameroun du nord au sud, c’est à la louche, 22H de taxi brousse, 14h de train, 10h d’attentes, un mal de fesse insupportable (il faut que j’engraisse), mais aussi un parc naturel de toute beauté (le parc de Waza), des villes accueillantes (Maroua, Garoua, N’Gaoundere…), la plaine aride, la savane, la foret tropicale, les montagnes (Rumsiky), le poisson grillé, la banane plantain.
C’est aussi la liberté, on peut aller ou l’on veut, manger ce que l’on veut, sortir dehors à n’importe quelle heure. On y a même rencontré des choses que je croyais disparues à jamais : la mer, la pluie, les nuages, la foret… C’est un peu ca aussi la liberté.

Notre première halte fut pour la réserve naturelle de Waza.
Le bus nous laissa dans un village isolé entre deux collines, incongrues dans ce paysage de vastes plaines. Nous étions à l’entrée du parc naturel, il ne nous suffisait plus que de trouver, dans ce lieu perdu, un hébergement, un guide et une voiture… Sous un soleil indécent on a passé la journée à chercher les animaux grands et petits qui peuplent cette réserve, entre crevaisons et coups de chaleur. Si les éléphants sont restés cachés (pourtant cacher un éléphant !!) nous n’avons pas loupé les girafes, les gazelles et autres damalisques…

Pour continuer dans la thématique des villages perdus, nous avons choisis de continuer notre visite par les pics de Rumsiky, plus à l’ouest, à la frontière du Nigéria. Pour mon premier grand orage depuis longtemps, nous avions choisis, Marjolaine et moi de nous trouver à cheval sur deux motos en train de parcourir dans la boue les 50 km desservant le village à la dernière ville desservie par le bus… J’ai donc eu l’occasion de me souvenir que la pluie ca mouille !! Et bien ! Déjà plus au sud que le Tchad, la région est beaucoup plus verte, mais ce qui en fait la particularité, ce sont ces pics aussi impromptus que pentus qui rythmes le paysage. Mais ce qui fait le charme de cet endroit isolé, c’est aussi le camion dans lequel nous avons dut monter pour rentrer, par exemple. Il revenait du marché de Guili, le propriétaire en profitait pour se refaire un peu sa fin de mois en accueillant tous les désireux de se rendre à Mokolo. Nous nous retrouvèrent donc une trentaine dans cette petite beine, dont une dizaine de femmes accompagnant une fiancé à son futur mari. Le chauffeur à même poussé la gentillesse en nous faisant son petit spectacle qu’il ne réserve d’habitude qu’à ses amis les plus proches : la double crevaison !!

Après ces aventures nous avons voulu descendre sur la mer..., mais il ne suffit pas toujours de vouloir (même si ca aide..). En l’occurrence que sa soit le bus qui tarde, le train qui est plein (quand il y en a un par jour…), le train de marchandise qui déraille, l’attente de 6h à la gare, les problèmes d’organisation du retour, les bus qui doivent être prêts à déborder avant de partir… les esprits voulaient que l’on prenne notre temps pour découvrir Kribi.

Kribi. La mer, les plages, les palmiers, les cocotiers, les crevettes, les poissons grillés, on pourrait s’y faire rapidement. Quelque part, ca se passe de commentaire, c’est trop classique !! On se baigne, on musarde, on mange, on va visiter les chutes de la Lobé… Malheureusement tout à une fin, et celle-ci arrive vite !

Ah oui… il faut rentrer. Nous avions un peu essayé d’oublier ca… Du coup, on ne sait pas trop comment faire. On ne peut plus faire trois jours de transport pour remonter, on ne trouve absolument aucun avion qui puisse nous ramener à N’Djamena… Petit vent de panique… Heureusement, grâce à ma collègue Maroa, nous arrivons à monter dans un avion humanitaire rentrant au Tchad. Il faut bien avoir des avantages à travailler dans une ONG, on à pas de CE mais…

C’est le retour, N’Djamena, la chaleur, j’avais pourtant bien réussi à l’oublier… Marjolaine reprend son avion et moi je rentre au bercail.
Mais avant de finir, je ne peux pas ne pas vous raconter le plus important !! J’ai découvert à Yaoundé, grâce à Jean Bruno, journaliste, le : POULET DG !!!
Kai !! C’est trop bon, ces morceaux de poulet marinés dans une sauce d’extra terrestres, mélangés à des bananes plantain frites…
Aie Aie Aie !!!

Ps : un merci special à :
Nicolas le militaire pas soldat
Jeanne qui m’en veut surement encore
Marjolaine
Maroa pour son sauvetage en avion
Jules cesar
Samy et ses crevettes
Jean Bruno
Mes parents et leur surprise de retour
Maman que j'ai eu le jour de son anniversaire sans le lui souhaiter...

dimanche 3 mai 2009

De retour

N'Djamena, 45 degrés à l'ombre.
La traversée du Cameroun est finie, je suis de retour dans mon pays d'accueil, prêt à repartir à l'est pour le travail. J'écris de la maison de a culture Baba Mustapha qui accueille un cyber café, j'y attends une certaine Manda à qui j'ai fixé rendez vous pour lui remettre de l'argent de la part de mon chef de chantier Gilbert, pour sa femme. Les tchadiens qui travaillent loin d'ici doivent se débrouiller pour faire parvenir régulièrement un petit pécule pour leurs familles, les "nassara" comme moi sont souvent sollicités car considérés comme étant de confiance.

Ou irai je demain?
Je ne suis pas très sur... J'ai l'impression que l'aventure à Bahai va prendre fin pour ma part, je vais devoir m'occuper d'un projet pour MSF à Abéché. Les conditions ne sont pas très claires encore, j'attends de plus amples renseignements.
Je suis triste de devoir quitter Bahai comme ca, pas très enthousiaste de rester à Abéché, mais si c'est la que je suis le plus utile... A suivre...

Dans tous les cas notre voyage au Cameroun a été une vrai bouffée d'air, j'y ai redécouvert une certaine fraicheur, la pluie, les fruits, les poissons, les crevettes, la végétation, la mer... Je pense que je prendrai le temps de revenir sur ce séjour en image ultérieurement.

Pendant la rédaction de ce court message, il s'est passé plein de choses. J'ai du abandonner en court de route à 14h pour la fermeture quotidienne, j'en ai profité pour retrouver Manda et lui remettre l'argent. Elle était venu avec son grand frère, professeur de Kun-fu dans la police, ils m'ont invité à boire dans un bar immense ou la musique était aussi abondante que la bière et les prostitués. Ils ont poussé la gentillesse à partager un plat de tripes et de foie mélangés... On m'a piqué mon journal... En attendant la réouverture du cyber, j'ai rencontré un gars qui m'a parlé de brique stabilisée pendant une heure...
Bref, me revoilà pour finir mon post de retour au pays...