
Dimanche, toute l’équipe d’Architectes de l’urgence Abéché, nous avons fait une chose qui me paraissait impensable il y a quelque temps…
Nous avons fait du tourisme au Tchad !!
Et oui, pour vous faire un petit cours de géographie, Abéché est la capitale d’une région qui s’appelle le Ouaddaï. Et le Ouaddai est un sultanat (le sultan habite toujours ici) qui à connu, avant l’époque de la colonisation, un passé glorieux. Abéché était une ville d’importance politique et commerciale.
Mais au milieu du 17eme siècle, les sultans avaient leur capitale à Ouara à une soixantaine de kilomètre au nord d’Abéché.Aujourd’hui, on se perd sur des pistes qui n’existent plus vraiment pour suivre au loin la présence de la colline au milieu du paysage désertique. C’est en contournant le pic rocailleux que l’on découvre un incroyable cirque accueillant qui s’ouvre sur l’infini du désert.
Au cœur de ce paysage accueillant, une masse en brique hurle sa présence au sable au vent, au soleil, aux pierres pour leur dire ; « je ne suis que terre mais je résiste et vous ne m’aurez pas ».
Ce qui est faux bien sur puisque chaque année Ouara disparait toujours un peu plus.
Ce voyage a aussi une autre signification puisque l’équipe précédente avait essayé d’y parvenir aussi et s’était retrouvée perdue, ensablée à devoir appeler les militaires de l’Eufor à l’aide en pleine nuit !
Pendant des mois, certains nous appelaient les presque Ouara !
C’était donc aussi l’occasion de redorer le blason de l’ONG !!!

Comme certains le proclament : avec X (restons gentils en respectant son anonymat)on lui donne une carte et il nous perd, avec Benjamin, il perd la carte, mais on arrive au but...
RépondreSupprimerSalut tous et en particulier à Lucile dont je connais quelques uns de ses amis. En lisant votre blog j'apprends qu'elle est votre chef de mission.Je suis dans le sud du tchad à Doba,la capitale du pétrole, depuis 3 mois et demi mais depuis 1970 sur le continent. La lecture de vos récits que j'ai découvert par hasard, m'inspire quelques réflexions que je vous soumets. La difficulté de celui qui donne de son temps, comme vous, n'est pas de faire quelque chose mais d'être d'abord là, présent, aux cotés de ces gens avec toute la sympathie que vous pouvez leur donner, en sachant qu'elle vous inspirera ce qu'il est nécessaire de faire avec votre savoir faire d'architectes, d'ingénieurs, de techniciens. Un proverbe congolais dit: "c'est en construisant sa maison avec lui que tu apprends à connaitre un Téké." Quand aurez fini votre mission, demandez vous quel impact (ce mot qu'on aime chez les cadres)estimerez vous avoir laissé dans la vie de ces populations et des jeunes en particulier : celui de solides constructions ou celui du coeur, de l'amitié partagée qui nait de la sympapthie profonde? Bon courage à tous et à votre chef de mission. Et bravo pour votre boulot qui vous rendra plus riche en humanité avec ses multiples rencontres humaines si capitales dans toutes les cultures du continent que le jour où vous avez foulé le sable sahélien. Pierre Chopin
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