Pas de photo, l’appareil est interdit à Abéché.
Il ne me reste que les mots pour vous décrire la cabine téléphonique tchadienne.
Au coin du bloc, dans la rue, sous le lampadaire, se tient une petite boite de contreplaqué peint. Le rose visible de l’opérateur téléphonique local.
Coté rue, une petite fenêtre se soulève et se bloque pour laisser voir une toute petite tablette. Sur le coté de cette boite à la taille d’une personne, une porte pour pouvoir entrer.
Dans la nuit, une ampoule pendue fournit la seule lumière de la rue par la fenêtre. On entend le bruit du générateur caché un peu plus loin.
Un homme est assis par terre à coté de la boite.
Dessus est peint le nom de l’opérateur puis la mention : « cabine ». Le passant européen peut s’étonner de cette cabine vide. C'est-à-dire sans téléphone.
La cabine téléphonique, en fait, ici, sert à vendre du crédit téléphonique et à fournir une prise pour charger le téléphone le temps de l’appel. Le tout, sous la lumière de l’ampoule.
Et oui, ici le téléphone s’est implanté avant l’arrivée d’un réseau fiable d’électricité. Alors il doit s’adapter. L’abéchois a un portable, mais pas d’électricité. La réponse ? La cabine téléphonique !!
mercredi 2 décembre 2009
mardi 1 décembre 2009
Communiquons à tout prix
Prenons Abéché.
Une ville, entre 150 000 et 200 000 habitants.
Première route bitumée : il y a quinze jours.
Nombre d’étage maximum : 2 chez le Sultan
Réseau élédtrique : 20 jours en 2009
Réseau d’eau : 3 mois en 2009
Réseau d’assainissement : néant
Eclairage publique : néant
Criminalité : élevée.
Transport en commun : néant
Bois de chauffage : tres limité
Taux de chômage : ouhhhhh !!
Service postal : Difficile
Une famille habitant à Abéché doit passer tous les jours beaucoup de temps juste pour assurer sa propre survie. Le temps pour trouver de l’eau à des kilomètres, faire la queue au puit. Le temps de Traverser la ville à pied tous les matins et tous les soirs pour aller travailler ou étudier. Le temps pour trouver quelque part du combustible pour la cuisine. Le temps d’aller au marché…
Le temps ou l’énergie.
Qu‘est ce qui reste comme temps ou énergie pour que l’Abéchois ou l’abechoise puisse évoluer, avancer, progresser, faire avancer sa ville, développer son pays. Etre abechois (et c’est pareil dans beaucoup d’autres endroits) c’est partir du starting block avec des semelles en plomb.
Pourtant :
Nombre de téléphone portable par personne : 2
En me promenant dans cette ville horizontale, j’ai trouvé à un coin de rue quelques rochers sortants du sable. En montant dessus avec T. on a vu une nappe homogène de terre crue ou cuite et d’arbres, une nappe horizontale. De cette nappe sortait les signaux de dieux disséminés dans toute la ville, c'est-à-dire les minarets des nombreuses mosquées. Mais pour qui imagine une ville musulmane dominée par ces multiples piques, je peux lui dire que cette image n’est plus d’actualité.
L’homme a trouvé plus grand que Dieu : les multiples antennes émettrices des deux réseaux de téléphone portable du pays. Ces tours métalliques rouges et blanches dominent largement les minarets de la ville et changent l’image qui en est donnée.
La nouvelle divinité est beaucoup plus pratique et moins contraignante que l’ancienne. Elle tient dans la poche. Elle fait des musiques sympas. Puis elle est quand même plus fun….
Dans ces région africaines, le portable a tout envahit sur son passage sans même être passé par la case téléphone fixe. Les seules affiches publicitaires sont pour ces opérateurs. Toutes les boutiques repeignent leurs devantures de la couleur de l’une ou l’autre de ces deux compagnies. Des le premier jour, le visiteur ne peut pas ne pas avoir retenu le nom des deux compagnies.
A la longue liste des nécessités de la vie, l’Abéchois se doit d’avoir un portable. Comment penser être intégré dans la société sans cet accessoire indispensable ?
Alors à la longue liste des dépenses auxquelles il est difficile de faire face quand on a une famille à charge, les entreprises de téléphonie mobile ont gentiment imposé celle du cellulaire.
Il va sans dire que cette dépense, dans le budget familiale, peut passer avant celle de la nourriture pour les enfants…
Ces sociétés sont les sociétés du grand écart, de l’injustice, de l’absurde, de l’inégalité la plus flagrante.
Une ville, entre 150 000 et 200 000 habitants.
Première route bitumée : il y a quinze jours.
Nombre d’étage maximum : 2 chez le Sultan
Réseau élédtrique : 20 jours en 2009
Réseau d’eau : 3 mois en 2009
Réseau d’assainissement : néant
Eclairage publique : néant
Criminalité : élevée.
Transport en commun : néant
Bois de chauffage : tres limité
Taux de chômage : ouhhhhh !!
Service postal : Difficile
Une famille habitant à Abéché doit passer tous les jours beaucoup de temps juste pour assurer sa propre survie. Le temps pour trouver de l’eau à des kilomètres, faire la queue au puit. Le temps de Traverser la ville à pied tous les matins et tous les soirs pour aller travailler ou étudier. Le temps pour trouver quelque part du combustible pour la cuisine. Le temps d’aller au marché…
Le temps ou l’énergie.
Qu‘est ce qui reste comme temps ou énergie pour que l’Abéchois ou l’abechoise puisse évoluer, avancer, progresser, faire avancer sa ville, développer son pays. Etre abechois (et c’est pareil dans beaucoup d’autres endroits) c’est partir du starting block avec des semelles en plomb.
Pourtant :
Nombre de téléphone portable par personne : 2
En me promenant dans cette ville horizontale, j’ai trouvé à un coin de rue quelques rochers sortants du sable. En montant dessus avec T. on a vu une nappe homogène de terre crue ou cuite et d’arbres, une nappe horizontale. De cette nappe sortait les signaux de dieux disséminés dans toute la ville, c'est-à-dire les minarets des nombreuses mosquées. Mais pour qui imagine une ville musulmane dominée par ces multiples piques, je peux lui dire que cette image n’est plus d’actualité.
L’homme a trouvé plus grand que Dieu : les multiples antennes émettrices des deux réseaux de téléphone portable du pays. Ces tours métalliques rouges et blanches dominent largement les minarets de la ville et changent l’image qui en est donnée.
La nouvelle divinité est beaucoup plus pratique et moins contraignante que l’ancienne. Elle tient dans la poche. Elle fait des musiques sympas. Puis elle est quand même plus fun….
Dans ces région africaines, le portable a tout envahit sur son passage sans même être passé par la case téléphone fixe. Les seules affiches publicitaires sont pour ces opérateurs. Toutes les boutiques repeignent leurs devantures de la couleur de l’une ou l’autre de ces deux compagnies. Des le premier jour, le visiteur ne peut pas ne pas avoir retenu le nom des deux compagnies.
A la longue liste des nécessités de la vie, l’Abéchois se doit d’avoir un portable. Comment penser être intégré dans la société sans cet accessoire indispensable ?
Alors à la longue liste des dépenses auxquelles il est difficile de faire face quand on a une famille à charge, les entreprises de téléphonie mobile ont gentiment imposé celle du cellulaire.
Il va sans dire que cette dépense, dans le budget familiale, peut passer avant celle de la nourriture pour les enfants…
Ces sociétés sont les sociétés du grand écart, de l’injustice, de l’absurde, de l’inégalité la plus flagrante.
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