mardi 24 novembre 2009

Qui a dit que l'on mangeait mal au Tchad?

Voici des exemples des salades que nous presente notre cuisinier Nahoum:







mardi 17 novembre 2009

Point meteo

Au mois d’Avril, il faisait une chaleur insupportable. Je me suis dis à ce moment qu’il fallait que je tienne jusqu’à la saison des pluies fin Mai et le retour d’une certaine fraîcheur.
J’ai attendu la saison des pluies jusqu’au début juillet. J’ai attendu la certaine fraîcheur jusqu’à maintenant. Si j’avais su, je crois que j’aurai craqué…
Mais ça y est, l’hiver est la. La température ne dépasse plus les 40.
Tel un oiseau migrateur, j’ai pu ramener mon lit de la cours de la base à notre dortoir. Alors, c’est vrai que les étoiles me manquent. Mais qu’est ce que je dors mieux… Je n’ai plus les rayons du soleil dans la figure à 4h50 du matin, j’entends moins les hennissements de la rue, les appels à la prière, les veillées funèbres, les hélicoptères…
Surtout, je me sens mieux reposé.
Ma devise : « la fraîcheur, c’est un bonheur »

lundi 16 novembre 2009

Quel réveil…

Ce matin, M., ma collègue m’a convaincu d’aller courir avec elle. Elle me le demande souvent, mais j’ai pris l’habitude de refuser. Le matin c’est fait pour essayer de se réveiller. Son argument ? Pour une fois, ils n’y vont pas trop tôt.
Pas trop tôt ? Départ à 6h00 du matin.
Et oui, d’habitude départ à 5h15.
Sous cet argument massif, je n’ai pas pu négocier et me suis retrouver sur la piste de l’aéroport avant même d’avoir ouvert le deuxième œil.

Une piste c’est long… Pourquoi faut il toujours autant de place à ces machines du ciel pour atterrir ou décoller ? Surtout que le plus souvent, ils en utilisent que la moitié. On me répondra que c’est par sécurité. Je n’ai jamais trouvé très rassurant que les pistes soient deux fois plus longues que nécessaire. Ca signifie que les pilotes prévoient quand même de se rater. « Tu comprend, au cas ou on se loupe, il faut bien prévoir… »
Moui…

Il faut préciser que pour le dernier atterrissage que j’ai fais sur cette piste, il y avait du vent, et à ce moment j’aurai vraiment voulu qu’elle soit 3 à 4 fois plus large (peut être aurais je moins martyrisé mon accoudoir)… Ben oui, ils prévoient de la marge en longueur mais en largeur…

Il y a trois mois, il y a un avion qui a pris quelques libertés en la largeur sur une piste de l’Est du Tchad. Il y est encore.
D’autant plus que si ils faisaient les pistes moins longues et plus large, il y aurait moins à courir…

Parce que l’important c’est que je me suis retrouvé à moitié endormi à lutter contre le vent à courir sur la piste de « l’aéroport international d’Abéché ».
Je me suis toujours demandé pourquoi ce panneau frôlant l’absurde proclamant « l’aéroport international d’Abéché » ? Il faut imaginer un bâtiment blanc décrépi, pas très grand. Une petite salle d’embarquement avec quelques chaises rouges, une table en bois pour la vérification des billets et une autre pour l’enregistrement. Au fond à droite, la boutique, de l’autre coté, une porte blanche : le commissaire. A coté, la salle de débarquement, plus petite, vide. Quelques bureaux énigmatiques au fond, une cour parking remplie de véhicules d’ONG et toujours quelques militaires qui semblent flâner (ici les militaires on toujours l’air de se promener).
A part les vols humanitaires qui partent quotidiennement sur N’Djamena, Bahai, Guereda, Iriba, Farchana, Goz Beida… et les vols militaires, il doit y avoir un avion par semaine de la Toumai airlines sur N’Djamena.

Aéroport international…

Apres réflexion, c’est vrai qu’il est international cet aéroport. Des passagers de toutes les nationalités possibles s’y succèdent.

Revenons à cette piste interminable, à ces jambes si lourdes, à ce souffle si maltraité par les réponses que je tente de donner à mon cojogger du CICR (croix rouge). Mais quelle idée de courir à cette heure de la journée ? Contrairement aux avions qui se sentent de plus en plus légers au fur et à mesure que le bout de la piste se rapproche jusqu’à monter au ciel, je me sens de plus en plus lourd prêt à rejoindre le sol.

Et puis au milieu de cette tourmente de l’effort je me suis aperçu de l’absurde de ma situation. En train de faire du jogging sur une piste d’où décollent des avions de chasse dans un pays marchant sur le fil de la violence et du KO. A ma droite des hélicoptères, tank, véhicules et soldats de toutes nationalités représentant toutes les nations unies (comme si des nations pouvaient s’unir…) A ma gauche, des hélicoptères de l’armée locale prêts à répondre à toute mise à feu de cette poudrière qu’est la région. Et derrière moi, tout un camp de militaires français qui font… Bonne question que font ils ?

Dans ce pays on dirait que tout le monde est prêt à se battre, et moi… je fais du jogging sur la piste…

vendredi 13 novembre 2009

Je suis encore la

Et oui, c’est vrai, la main est lourde, je n’écris plus trop…
Pourquoi rejeter la faute sur ma main alors que c’est plutôt ma tête qui paresse….
Pourtant ce n’est pas le manque d’action, de choses à dire. C’est plutôt qu’en ce moment ma pauvre tête a du mal à faire le lien entre deux mondes si lointain. Soit elle est à Abéché, soit elle est avec vous en France, mais les deux, ça devient de plus en plus dur.

Dans un mois, maintenant, je serai rentré en France. J’avoue appréhender un peu les derniers jours de ma mission ou je serai cette fois complètement écartelé entre l’envie de rentrer et les adieux. J’appréhende aussi mon retour évidemment. Surtout la période post fêtes ou j’aurai le temps de me poser des questions et de ne pas y répondre.

Dans tout ça, j’essaye de me consacrer sur le présent. Et le présent c’est tout un embroglio vaudevillesque à propos de la signature des contrats. C’est la préparation de l’année 2010 pour la mission, préparation sur laquelle on n’a pas trop notre mot à dire… Et puis c’est aussi la question : barbe ou pas barbe ? A vous de répondre…




Depuis mon dernier post, beaucoup de choses se sont passées. Je suis allé à la base de Guéréda d’où j’ai pu aller visiter les travaux en cours et terminés d’écoles que nous construisons sur les camps de réfugiés du Darfour de Millé et Kounoungou. Ca m’a permis de passer un moment avec mes deux collègues de Guereda et de découvrir d’autres camps que Bahai.

La comparaison est édifiante. Le grand changement, c’est l’environnement. Les camps s’étalent sur un sol modelé par les pluies, les paysages sont beaucoup moins secs, des toits de paille s’érigent à droite et à gauche, il y a beaucoup plus de vie…

Pour bien confirmer cette impression, j’ai eu l’occasion (en accompagnant un architecte détaché du siège pour 15 jours) de retourner sur les lieux de mes méfaits… Deux jours à Bahai, transformés en trois suite à une panne d’avion, m’ont vraiment fait plaisir. J’ai pu revoir tout le monde, retrouver les lieux où j’ai vécu pendant 4 mois, retrouver le camp, les réfugiés…

Surtout, ces deux sorties m’on fait beaucoup de bien. On est tellement enfermé à Bahai, que ces deux séjours m’ont fait le même bien que les WE à la campagne pour les parisiens…

A part mes doutes sur la suite de la mission et mes quelques frustrations, je me porte très bien, et le moral n’est pas en berne malgré ma longue absence sur ce blog…