vendredi 11 septembre 2009

retour

La voie métallique du haut parleur le répète encore une fois dans un arabe chantant : « Dieu est grand ! ».
Adoum (gardien de l’après midi) vient me demander l’heure.
« 17h45 »
« Ah, encore 10 minutes avant la rupture du jeûne… »

Il n’y a pas de doute, je suis bien rentré à Abéché. Et c’est le ramadan.

Je suis seul à la base, Maroa ne rentre qu’en début de semaine prochaine et Tom qui est un nouvel architecte passera peut être par Abéché ce WE.
Le cuisinier est absent, je mange des pâtes.
L’EDF local a cassé toutes ses machines. Le premier résultat est l’absence d’électricité, mais comme on n’en a jamais, ça ne change pas. Le deuxième est qu’ils ne peuvent pas actionner leurs pompes donc la ville n’a pas d’eau.
Je suis allé en acheter à l’autre bout de la ville à un puit et j’ai remplis deux fûts. On va se rationner un peu pour ne pas à avoir à y aller trop souvent.
Mais les autres ?
Ceux qui n’ont ni voiture ni argent pour en acheter, comment ils font ?
Vous me répondrez cyniquement que ça tombe bien puisqu’ils n’ont pas le droit d’en boire dans la journée pendant le ramadan. Mais après ?
Des enfants et des femmes parcourent des kilomètres la nuit ou font la queue pendant des heures pour pouvoir boire et faire boire leur famille. Dans un pays ou l’action de boire est tellement compliquée qu’elle peut prendre des heures, comment voulez vous parler développement ?

Cependant, il y a des banques à Abéché. Je crois même qu’il y en a trois (dont la société générale).
Dans la notre il y a un directeur très pointilleux.

Tout a commencé avec un chèque que mon collègue Will a voulu signer pour payer l’entrepreneur de Guéréda. Seulement seule Maroa et Lucile ont la signature sur ce compte et elles sont toutes les deux en vacances.
Le chèque a donc été refusé.

L’entrepreneur s’énerve car il part le lendemain à la Mecque et il n’a toujours pas son argent… Il nous menace d’arrêter le chantier.

Sous les conseils du banquier, on essaie un virement. Ce dernier nous dit de faire envoyer par Maroa (Lucile est injoignable) une demande signée.
Tom arrive à la joindre chez elle. Elle envois le doc. Je vais le récupérer sur Internet, puis retourne l’imprimer à la maison et le porter à la banque.

Tralala boum boum, ça ne convient pas au directeur de la banque qui ne trouve pas la demande formulée comme il le veut. Il me dit que de toute manière il y a un formulaire à remplir pour bien formuler les formules (il ne pouvait pas me le dire plus tôt !)
Je prends ce papier pour l’envoyer à Maroa qui n’a évidemment pas internet. De toute manière la banque ferme, l’entrepreneur est furieux, il menace…

Finalement on se fixe rdv le lendemain matin puisqu’il part pour la Mecque dans la matinée.
Le soir je vais voir sur Internet : rien reçu.
J’y retourne le lendemain 7h00, pas d’électricité.
J’attends un quart d’heure puis je peux enfin réceptionner l’ordre de virement.
Direct à la banque.
Après l’attente habituelle, le banquier me dit qu’il y a une erreur dans l’écriture (elle a oublié le « mille »).
C’est mort.
C’est la crise.
L’entrepreneur décide d’arrêter les travaux.
Finalement on rappelle Maroa que l’on réveille. Elle recommence (d’un cyber café), elle nous le renvoie.

Rebelote : Internet, l’imprimante, la banque.
Apres une demie heure de vérifs, le banquier décide que la signature n’est pas conforme. Heureusement je n’étais pas armé.
Discussions, je garde mon calme… l’entrepreneur qui est en fait son beau frère intervient… Je téléphone à Maroa, lui passe le banquier, ce dernier est sous le charme, l’affaire est réglée.
Il faudra repasser mardi avec l’original de l’ordre de Maroa.

Pffff…
Oui vraiment, il n’y a plus de doute, je suis bien rentré au Tchad.
Et je suis content de reprendre ce blog la ou je l’avais laissé.

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