mercredi 18 mars 2009

Je suis encore la

Apres une longue absence, je reviens à nouveau sur le réseau pour partager de mes nouvelles et celles de Bahaï. La technologie est toujours capricieuse, il n’y a pas, dans la région, de réseau téléphonique, l’eau courante, l’électricité, la poste, les transports collectifs, alors vous vous imaginez bien qu’il n’y a évidemment pas internet.
Si les privilégiés que nous somme peuvent utiliser ce moyen de communication, c’est uniquement parce que IRC (l’ONG qui gère le camp) a installé une énorme antenne parabolique pour rechercher le net via les satellites. Malheureusement, depuis quelques temps, le transfert vers la guest house (chez moi quoi) ne fonctionne plus. Je ne peux donc plus me connecter, je suis obligé de m’incruster sur un bout de table aux bureaux IRC pour un temps limité.

Mais même sans internet et sans téléphone, la vie continue ! (si si…) On a fini la construction de notre premier bâtiment (que l’on avait repris en cours de route), c’est une école de trois salles de classes (9x5.5 chacune) prévue pour accueillir une centaine d’écolier chacune. Par rapport à ce qui était prévu, on a rajouté une dalle et un tableau noir intégré. C’est un bâtiment de brique stabilisée à toiture double pente en tôle aluminium. Un petit auvent protège les élèves du soleil, et un enduit ciment le recouvre à l’intérieur comme à l’extérieur.
On travaille actuellement sur un deuxième bâtiment de trois salles. La semaine dernière nous avons coulé les fondations, nous sommes en train de monter les murs. Mais cette fois, nous avons choisis la pierre comme matériau.
Wilfrid est en congé, donc j’assume seul la responsabilité du chantier. Pour vous résumer les problèmes que je rencontre avec les gens qui travaille pour nous (en tout a peu prés 45), je vous cite la phrase préférée des Tchadiens parlant des refugiés : « Pff… Ces gens la… ils sont trop compliqués ».
Je ne sais pas, en tout cas, les problèmes rencontrés sont quotidiens. Rien ne se passe toujours normalement, il faut toujours discuter, négocier… La règle d’or, c’est : Ne jamais considérer une affaire définitivement réglée.
Je ne raconte pas mon rythme cardiaque quand je devais tenir tète à un Soudanais bâti comme une masse avec son couteau accroché au bras (ici tout le monde est armé, même les femmes). Ils essaient souvent d’impressionner, de faire peur pour obtenir ce qu’ils veulent.
De mon coté j’ai l’impression de passer mon temps à refuser. Tout le monde me demande toujours quelque chose.

Mais, c’est quelque chose de fascinant de voir un bâtiment créé à partir de rien. De creuser les fondations, d’aller ramasser les matériaux qui serviront à construire, de voir les murs monter…
J’ai vraiment l’impression de sortir ce bâtiment de terre. On ramasse la pierre et on la monte.

Le travail est vraiment intéressant et très formateur je pense. Mais il va vraiment falloir que je pense prendre un week end pour me reposer un peu, et surtout pour sortir ne serait ce qu’un court moment de mon trou.

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