mardi 24 mars 2009

Rencontre du troisième type :

Dans le message précédent, tout le monde a du remarquer une incongruité. Sur la photo représentant un pick-up de rebelles Torro Borro (sous équipés), dans la cabine on ne peut pas manquer de remarquer la présence d’un Blanc !
Quand j’ai rencontré ce curieux équipage avec ce « nassara » me faisant des coucous enthousiasmes en traversant le camp, je me suis posé des questions. Qui est ce ? Un soudanais blanc (il existe des Tchadiens blancs), un mercenaire ? Puis ce type m’a abordé en Anglais en hurlant entre deux rebelles armés. Il était ruisselant de sueur, il avait l’air d’avoir eu très chaud, le voyage serré dans cette cabine semblait avoir été éprouvant. Surexcité, avec un grand sourire, il m’explique qu’il est venu du Darfour avec ce drole de moyen de transport. Je lui réponds, lui demande si je peux prendre des photos, puis ils repartent le pied au plancher.
Ce premier contact me laisse dans l’indécision. Qui est cet énergumène ? Un mercenaire qui vient gagner du fric sur les différents combats du monde, un aventurier un peu givré ? Un grand mystère.

Le lendemain, à la base, à mon retour, qu’elle n’est pas ma surprise de découvrir Nina, une collègue slovène de IRC en grande discussion avec mon extraterrestre et trois tchadiens. Apres investigation serrée de ma part, il s’avère que mon énergumène est en fait un slovène journaliste qui parcourt le Darfour pour écrire un livre sur ce qui se passe en ce moment. Il s’appelle Tomo Kriznar, peut être certains d’entre vous en ont entendu palé, il avait notamment affolé les chroniques en 2006 en se faisant retenir prisonnier par les soudanais. La Slovénie ne l’avait récupéré qu’après de rudes négociations. Il est aussi l’auteur d’un film sur le sujet : « Darfur, war for water ». Il s’intéresse essentiellement aux diverses factions rebelles. Il a donc traversé la région avec ses aides et son garde du corps à bord des véhicules rebelles pour ressortir à Bahaï. Pour la suite de son programme, il va au Nigéria négocier pour récupérer ses films qu’il avait abandonnés à un soldat nigérian lors de sa capture.

Comme quoi, même au bout du monde, on fait des rencontres incongrus.

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