vendredi 27 mars 2009

Nous :

A chaque fois que je me penche sur ma page blanche virtuelle, j’ai toujours pleins de remarques que j’aimerai partager, je n’arrive jamais à communiquer tout ce que je voudrai. C’est un peu le contraire de ce qui m’arrivait du temps de ma glorieuse carrière scolaire ou je ne savais jamais quoi coucher sur la feuille quadrillée de mon examen de français.
Un des aspects les plus importants de ma vie, ici, c’est le rapport humain. Il y a beaucoup de personnes qui prennent plus ou moins d’importance dans ma vie, beaucoup de personne très importante que j’ai laissé loin d’ici. Je sais que jamais je pourrai faire rencontrer ces deux groupes. C’est pourquoi j’ai envie de vous présenter les personnalités qui m’entourent.
Mais la encore, tant de personnes, tant de caractères différents, je ne sais comment procéder, je vais laisser faire mon instinct.
Le gang des docteurs expatriés, ils sont deux : Arsène le lion du Cameroun et Materne le congolais. Arsène est petit et trapu, plein d’énergie, perfectionniste. Il a une tète ronde et un sourire très amical. Quand il s’exprime, on a souvent l’impression d’un acteur shakespearien qui déclame son texte en appuyant sa parole de ses gestes (comportement très africain). Il est souvent de bonne humeur, rigole facilement et est très attachant. En même temps, il est très exigeant et perfectionniste et ne laisse rien passer au hasard. Dans notre équipe au volley, il est le spécialiste de la réception de la tète accompagnée d’un petit bond d’otarie. Pas toujours très efficace.
Son collègue, Materne, (tout aussi petit) est très drôle. C’est en quelques sortes le blagueur de l’équipe. Au début, je lui donnais 28 ans, je me suis rendu compte qu’il en avait en fait 38 et qu’il était père de trois enfants (très mignons). Quand on prend nos cours de salsa, faute de présence féminine à Bahaï, il se transforme en Gisèle une formidable danseuse à barbe, pleine de charme, qui danse la salsa comme on danse le coupé décalé. Il est originaire de Goma en RDC ou il a laissé toute sa petite famille. Il prend toujours un peu de temps avant de commencer une phrase, comme si il n’avait rien compris à ce qu’on lui avait dit, mais non seulement il comprend très bien, mais il répond souvent de façon ironique très percutante. Il ressemble un peu à un clown, il est drôle, il a des mimiques, il est un peu lent dans tout ce qu’il fait, mais il ne faut pas se fier aux apparences il sait se montrer très efficace et inflexible dans son travail. Au volley, il a une particularité : quand il réceptionne la balle, il la renvoi systématiquement juste au-dessus de lui ce qui ne manque jamais de dérouter ses partenaires. Quand je joue avec lui, dés qu’il touche la balle, je me précipite sur lui pour réceptionner sa passe à lui-même.
Dans le domaine de l’éducation, le responsable c’est le « coach » ou bien le « président ». Un congolais (l’autre Congo) costaud toujours très digne et très droit. Il à la classe présidentielle, il inspire l’autorité. Mais c’est aussi un grand sportif, notre entraineur au volley ou il lui arrive de lâcher des smaches aussi puissants que précis. Il est respecté de tous, il se déplace lentement d’une démarche sereine, avec son écharpe blanche autour du coup et sa mallette à la main. Il est aussi très au fait de toutes les histoires politiques africaines qu’il me raconte avec brio. C’est un des plus ancien à Bahaï (chez les expat), il connait tout le monde, toutes les histoires et … Ah oui, j’oubliais, il s’appelle Francis.
L’ « éléphanteau » (qui vient de cote d’ivoire) est notre Benjamin, il a 27 ans (que c’est jeune !!), il est manager du département eau et assainissement. Petit (encore…) il a un rire reconnaissable de loin. Il se tient souvent légèrement cambré en arrière, les deux pieds écartés. Il est jeune, à un poste de responsabilité, il est déjà assez sur de lui et prend la vie avec confiance. Au volley, il est un excellent réceptionneur toujours précieux.
Le dernier arrivé de notre équipe d’expat africains est Jean-Claude, le logisticien. Quand je dis africain ce n’est pas vraiment vrai car il est en fait canado rwandais. Très rigoureux dans son travail, il pose beaucoup de questions et prend le temps d’écouter puis de réfléchir avant de répondre. La logistique est un poste très sollicité dans un pays aussi peu structuré que le Tchad, et il est très sollicité. En ce moment il accuse un peu de fatigue mais un petit week-end à Ndjamena le remettra d’aplomb !! Bon volleyeur, il a le défaut (courant ici) de ne pas laisser de balle aux plus faibles…
Je vous rassure j’arrête ma lecture de catalogue pour aujourd’hui, puis j’aurais surement l’occasion de continuer mon descriptif…

La difficulté, c’est que si je ne connais pas tout le monde par on nom à Bahaï, par contre tout le monde me connait !! Tout le monde me salut connais mon prénom, sait ce que je fais ici, et connais tous mes faits et gestes. Quand on est un blanc sur le terrain, on ne passe pas inaperçu, je n’ai pas intérêt à faire de bêtises…

1 commentaire:

  1. Super ces petits portraits, c'est c chouette de découvrir les gens qui peuplent ton quotidien ! Mais... "où sont les feeeeeemmes ?" C'est très masculin comme univers on dirait. En tous cas merci de ce partage !

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