jeudi 22 octobre 2009

Sport

Mon lit, il est 7h00 du matin. Dehors dans la petite cours sous la moustiquaire, sous le ciel éclairé depuis deux heures déjà, entre les murs de terre.
6 mètres, la table, le petit déjeuner, 9 mètre, la cuisine, la théière, 3 mètres, la citerne, je remplis mon sceau, 7 mètres, la salle de bain avec mon sceau et mon gobelet, 13 mètres, ma table de bureau, mon ordinateur.
J’ai un rendez vous chez un partenaire ?
17 mètres, le minibus, le chauffeur, le gardien qui ouvre le portail.
Le portail de l’autre ONG, 21 mètres, le bureau de mon interlocuteur.
Moyenne parcourue par jour ?
384 mètres et 18 centimètres.

C’est un fait : expatrié à Abéché, on manque d’occasion de se découler, de se dégourdir les jambes, de marcher, de s’étirer, de faire fonctionner nos muscles qui d’ailleurs en profitent pour partir ailleurs…

Sport. C’est alors le nouveau mot que l’on a à la bouche. Je veux faire du sport. Oui, mais pour l’instant, ce mot, il est juste à la bouche. Quand on veut lui faire prendre réalité, c’est autre chose.

Courir ?
Dans la rue ? Pas possible.
Au terrain sportif à coté du périph ? Il n’y a pas.
La salle de sport ? pfffff….
Le centre sportif ? …

Alors quoi ?
L’expatrié est une espèce qui sait s’adapter pour survivre, fidèle à Darwin. Alors il trouve des solutions, chacun fait preuve d’imagination pour trouver un moyen de bouger un peu nos corps ankylosés.
Pour courir ? Quoi de mieux que la piste de l’aéroport ? 3 kilomètres de long, une enceinte tout autour, à coté des militaires français et des casques bleus, de la végétation, le matin avant les décollages.

Le volley. C’est le sport expat par excellence. Un filet, un ballon, un peu de sable et c’est parti. Il n’y a pas besoin de trop d’espaces, les terrains rentrent dans les compounds.

Certains organisent aussi leurs propres salles de sport. Une barre de fer, une grosse boite de conserve de lait en poudre de chaque coté et on coule du ciment à l’intérieur : une altère. J’ai vu aussi d’ingénieux systèmes en bois avec des poids en béton imitant très bien les machines de muscu perfectionnées
.
Mais aussi les cours de Salsa deux fois par semaine avec un professeur Croate, les cours de Yoga et même, depuis peu, des cours de Kung-fu !

Justement, les cours de kung-fu, c’est l’option que j’ai choisie ! Je ne comprends pas. A chaque fois que je parle de ces cours a quelqu’un, il se moque de moi. Apparemment je ne dois pas véhiculer une image d’homme violent…
Pourtant je suis les cours avec grande application. Ca ne me dérange pas de donner des coups de poing et coups de pieds tant que c’est dans le vide. Par contre quand mon prof me montre comment on peut mettre un homme à terre puis d’un coup lui casser le bras, la je m’oppose : « mais non ! je ne veux casser le bras de personne moi ! »

Mais la première difficulté c’est le jogging d’échauffement. On court dans une salle de 25 m² ! Au bout de 20 tours à vive allure, j’ai la tête qui tourne, je me tiens au mur puis je suis finalement obligé de m’arrêter et de m’écrouler par terre pour cause de vertige.

La deuxième difficulté, pour moi, ce sont les exercices de souplesse. Quand jambes écartées j’attrape difficilement mon genoux et que j’entends : « aller ! les orteils, on attrape les orteils » je suis pris d’un léger fou rire. De même quand je me plie comme je peux pour difficilement former n angle droit et que j’entends : « aller !! le front au sol ! », j’ai du mal à garder mon sérieux en voyant les années lumières qui séparent mon front de ce sol.
Mais sinon, pour le reste, il n’y a pas de problème, j’enchaîne les pingshoi (coups de poing) et les coups de pieds avec un grand sérieux.

J’avais essayé la salsa une soirée. Au bout de 45 secondes de danse, ma collègue était déjà pliée en deux, alors j’ai décidé de moi-même d’arrêter.

3 commentaires:

  1. Oh non ! Justement j'allais demander si tu allais reprendre la salsa comme à Bahai, dans le secret espoir d'aller danser avec toi à ton retour, et là je lis le dernier paragraphe - zut ! Mais faut pas te laisser démonter, elle a rigolé, mais c'était sans doute nerveux, pas pour se moquer de toi ! :-)

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  2. Tu n'as pas abandonné quand tout le monde a rit à propos de ta chorale, tu n'abandonnes pas quand tes amis de de Kung-fu rient de ton manque de souplesse ou de ton vertige, tu n'abandonnes pas normalement quand tu fais rire les gens au travail ou dans la vie quotidienne par tes maladresses.... alors vraiement je ne comprend pas pourquoi tu as abandonné la salsa!

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  3. T'abuses un peu...je trouvais ça marrant ta façon de te déhancher mais t'étais tellement appliqué que tu étais le premier de la classe!!! Et puis l'important c'est d'essayer, mais je n'aurais pas réussi à te convaincre pour la danse orientale :-(

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