Incroyable !! Une fête !
Par dérogation nous avons le droit de sortir après 20h ! C’est ma deuxième sortie à Bahaï après un repas au HCR en l’honneur de nos bailleurs, il y a deux semaines.
ACTED, une ONG qui s’occupe notamment de la distribution des vivres au camp, fête ses quatre ans à Bahaï.
Les grosses fêtes made in Bahaï : c’est très rigolo. Je me suis aperçu que leur organisation est très rodée.
Nous sommes tous obligés, ici, de faire un peu de politique. La situation tient en équilibre sur peu de chose, les différentes personnalités ont énormément de pouvoir. Il ne faut pas commettre d’impaire.
Ce samedi nous sommes parti sur le camp avec Wilfried et notre nouvel employé Joël. C’est exceptionnel car ça ne se fait habituellement pas. Pour le retour nous avons profité d’une voiture d’ACTED qui venait (sous escorte toujours) à Ouré-Cassoni spécialement pour embarquer les leaders du camp (les Cheick) afin de les inviter à leur fête.
Nous nous sommes donc retrouvés dans une voiture entourés de ces Cheick soudanais très dignes dans leur djellaba et sous leur turban, la cane à la main. Situation plutôt incongru.
Outre les autorités du camp, les représentants de l’état Tchadien étaient invités aussi (tout le monde s’en méfie, ils sont capable de tout) ainsi que tout le personnel humanitaire de la ville.
Dans la cour, trois rangées de chaises formant un U dont le dernier coté était fermé par le buffet (un méchoui, et oui..). 200 personnes attendent en silence assises sagement, toutes sur leur 31 (tenues différentes selon les origines). La soirée commence à … 18H !
Dans ce grand silence le cérémonial commence par les traditionnels discours. En Afrique, un discours est toujours surprenant, très théâtrale, ponctué de proverbes (qui la plupart du temps ne veulent rien dire) de remerciements à rallonge. Tout le monde se succède, le maitre de cérémonie, le Field coordinateur, un leader du camp, le sous préfet, le doyen, le responsable HCR…
Mais le moment fort est toujours le repas. Tout le monde se précité avec fougue sur le buffet, dévalise, dévore… Puis, bien rassasiés, la plupart s’en vont, satisfaits. Il est vingt heures. La cuisine est vidée, la musique peut commencer. Les danses alternent entre musique africaine à la mode, « coupé décalé », musiques traditionnelles. Pour moi, c’est une grande déception, je m’attendais voir tout le monde danser, une foule surexcitée. Mais non. Seulement une vingtaine de personnes font honneur à la piste de danse (sable bien sur) tous essayant d’obtenir une danse de l’une des deux femmes blanches de la soirée.
21h30 la soirée est finie tout le monde va se coucher.
Il parait que les fêtes sont toujours comme ca, sauf que de temps en temps les danseurs peuvent être beaucoup plus nombreux et rester beaucoup plus longtemps…
lundi 16 février 2009
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