Dimanche matin, 8h30, une messe est organisée par la communauté catholique de Bahaï. Si nous sommes en plein pays musulman, la plupart des staffs des ONG viennent du sud du pays, régions principalement Chrétiennes (catholiques et protestants).
L’officiant porte une aube trop courte, les chanteuses à la voie nasillarde n’évitent pas les fausses notes, l’homélie grandiloquente, les « mes frères et mes sœurs » assenés avec conviction, la gestuelle appuyée qui accompagne…. On ne se détache sans doute pas d’un certain ridicule, mais cette petite communauté d’une cinquantaine de personnes est surtout profondément émouvante.
Ces chrétiens qui sont loin de chez eux, loin de leurs repères, de leurs traditions, éloignés de leurs familles, de leurs femmes, de leurs enfants, ces employés d’ONG ne forment pas une assemblée homogène ils ont des dialectes, des traditions différentes. Pourtant, tous, ils ont choisit de se réunir une fois par semaine ensembles. De former un groupe, de se réunir sous un bout de tente, dans le sable, au milieu d’une cour désertique.
Il n’y a pas d’église, pas de prêtre, et pourtant, ensembles ils ont formé une communauté ou ils se retrouvent. Chacun célèbre la messe à son tour, ils font venir les hosties consacrés d’Abéché, ils s’organisent pour l’animation, ils tournent pour l’homélie.
A la fin de chaque célébration, ils désignent les volontaires qui organiseront la prochaine.
Loin de chez eux, sans rien, sans prêtre, sans exemple, sans église, ils ont planté la tente et ont construit leur propre communauté, à leur image, avec leurs propres moyens.
Je suis assez admiratif de leur force, c’est moi un exemple incroyable. Etre capable de tout quitter pour pouvoir nourrir sa famille, puis être capable de se retrouver sans se poser de questions. Etre capable ce recréer une communauté à partir de rien, au milieu de rien, sans guide, sans structure, être capable de vivre sa foi de façon si simple.
Au delà de toute question religieuse, je pense que ces cinquante hommes et femmes m’ont donné une leçon de vie.
dimanche 22 février 2009
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