dimanche 15 février 2009

La chèvre quand ca vous gagne :

Le matin, notre cuisinière, répondant au doux nom d’Opportune, nous prépare, un jour sur deux, des beignets ou des pan cake à l’africaine. Ils sont exellents malgré la demi tonne d’huile accompagnant chaque bouchée, et les éventuels grains de sable.
J’ai même découvert un vieux pot de Nutella pour l’accompagnement à la suite d’une mésaventure avec un pot de confiture qui s’était avéré périmé depuis 2007.
Les beignets frits, c’est le petit déjeuner africain pour les expatriés.

Une fois arrivés au camp, notre première activité est toujours la visite du chantier. Nous regardons, conseillons, discutons, éventuellement nous participons. La tradition veut qu’entre 10 et 11h, les ouvriers soudanais prennent un deuxième petit déjeuner, un casse croute. A chaque fois, il nous invite à se joindre à eux pour partager leur repas. C’est une invitation non négociable (pour une fois…) qu’il ne nous est pas permis de refuser. La fois ou l’on n’a pas participé, occupés que nous étions avec un problème d’eau qui ne pouvait pas attendre, ils nous ont fait comprendre sans détour qu’il ne fallait pas recommencer !!
Une autre fois, ils nous ont appelés alors que nous étions en train de poser une fenêtre avec deux manœuvres. On essaie de leur faire comprendre (avec des gestes) qu’il faut que l’on accroche la fenêtre avant, sinon nous risquons de perdre tout le travail de mise à niveau que nous avions fait. Mais le temps que nous nous retournions pour prendre un marteau, les deux manœuvres avaient posé la fenêtre ailleurs sans vergogne réduisant à néant notre travail. Nous n’avions pas encore compris. Quand c’est l’heure de manger il faut manger. Point. C’est pourtant simple !
L’inconvénient de ce petit déjeuner supplémentaire, c’est que l’on se voit obligé de manger, à 10h du matin, une bouillie, le plus souvent à base de tomates et d’oignons crus, 2 heures après nos beignets du matin.
Nous sommes invités à nous accroupir tous ensemble autour d’un plat, de prendre un morceau de pain (le pain spécial Tchad que je prendrai en photo un jour), d’en tremper des morceaux et de s’en servir pour attraper des morceaux et les mener à notre bouche (en France vous pouvez demander à Gaétan, c’est un spécialiste…). Bien sur quand le pain est fini, ils nous en imposent un nouveau, et si par malheur l’un de nous s’arrête avant la fin, ils nous font la tête.
Quand le départ est donné, c’est un vrai concours de bruits de mastication qui est lancé, à celui qui fait le plus de « slurp ». C’est étrange comme notre culture européenne nous a déshabitué : ce bruit pourtant assez naturel, nous le remarquons très rapidement et il nous choque dans nos habitudes.

Ce moment est, en fait, très conviviale, c’est très avenant de leur part de nous inviter à partager leur repas. Les précédents architectes de l’urgence n’étaient, elles par contre, jamais invitées : un homme ne peut jamais partager son repas avec une femme… Je reviendrai surement sur le sujet de la position des femmes car il me tient à cœur.

De temps en temps, ce deuxième petit déjeuner peut s’avérer être un cauchemar. Quand j’ai bien mangé déjà, que en plus j’ai des problèmes gastriques (et oui ici ca arrive) et que je dois manger à 10h un plat d’intestins de chèvre fraichement égorgée mélangé avec des oignons crus, c’est très très dur. Dans ces cas, on se regarde avec Wilfried, puis on se lance. La tactique est de manger lentement avec des bouts de pain suffisamment petits pour ne pas finir son morceau avant la fin, sinon on se retrouve avec un nouveau pain à finir entre les mains.

Hier, nous avons expérimenté le triple petit déjeuner. Un premier à la base (nos beignets), un deuxième, invités par le directeur de l’école, à 10h, et le troisième à 11h invités par nos ouvriers.
D’un autre coté, nous trouvons rarement le temps de déjeuner à midi. Le matin, j’ai le ventre plein à ne plus pouvoir rien avaler, l’après midi, j’ai le ventre vide à entendre mo, estomac se tordre…
La vie n’est vraiment pas équilibrée.
La preuve : certains ont trop froid (vous, parait il), d’autres trop chaud (moi, et ce n’est qu’un début).

1 commentaire:

  1. Salut
    Vous avez un bon blog.
    Désolé de ne pas écrire plus, mais mon français écrit est mauvais.
    Un câlin de mon pays, le Portugal

    RépondreSupprimer