Cette semaine, entre soleil, chaleur, tempête et fatigue, je n’ai pas eut beaucoup de temps, et encore moins d’énergie pour écrire sur le blog. C’est normal, je suis ici depuis un mois et demi, je crois que j’ai eu mon premier coup de flottement, j’espère pouvoir me reposer ce week-end pour repartir et rebondir.
De nouvelles forces, j’en aurai bien besoin, parce que la semaine qui vient pourrait bien s’avérer glissante, ou en tout cas révéler quelques nouvelles aventures.
Pour commencer, lundi, Wilfrid part en congé, je me retrouverai seul responsable des architectes de l’urgence sur Bahaï, seul responsable des chantiers, et seul à devoir gérer quelques dossiers délicats.
Je tiens à vous présenter les deux personnages principaux qui nous tiennent en haleine depuis quelques temps et qui nous réservent sans doute un final dramatique sous les feux d’artifices de Bahai !!
A ma droite, 30 ans de maçonnerie au Soudan, des petits poils de barbes hésitant entre blanc et noir, un crane dégarnis rarement mis à nu, un sourire finaud exaspérant, le genre de personne qui a toujours l’air de se foutre de vous (ce qui est a peu près le cas), filou entre le filou, vous venez de faire connaissance du chef d’équipe des mâcons : Ardia katyr Abddallah. (d’après mon arabe tremblotant et selon mes sources, Ardia Katyr signifie « arrête beaucoup ! »).Lors de notre première rencontre avec lui, il était enturbanné, dans sa djellaba, avec des lunettes de soleil, seul son sourire cynique ressortant, avachi en pacha dans un fauteuil. Au bout de trois jours de chantier nous étions énervés de ne pas le voir présent sur le chantier. C’est au moment ou nous nous apprêtions à aller protester auprès du maçon qui était notre interlocuteur, que nous avions découvert que c’était Ardia lui-même, il avait juste troqué sa Djellaba contre sa tenue de maçon et était devenu méconnaissable.
A ma gauche, une robe noir à fleures rouges, un voile vert, la dent de devant cassée (sur le chantier), le regard qui louche, insistante, la Rais des femmes responsables de notre approvisionnement : Safia.
Elle est toujours accompagnée de sa ribambelle colorée d’une trentaine de femmes prêtes pour tout travail que l’on pourrait leur donner. Trois enfants, un mari absent ou mort, elle ne se fait pas marcher sur les pieds. Quand on est sur le chantier elle ne nous laisse jamais sans nous accompagner, à essayer de nous porter notre marteau, de nous rendre service… C’est un personnage attachant mais quelque peut bornée. Elle a pour rôle délicat (ici, il y a du travail) de défendre les intérêts des femmes ouvrières de sa zone.
Je ne tiens pas à revenir en détail sur le conflit qui, comme vous allez le constater, réunit de force nos deux héros, de peur d’y passe ma nuit.
Tout problème vient d’un couac dans une négociation. Peut être les plus assidus se souviennent ils d’une difficile et longue négociation sur le prix de la main d’œuvre pour le chantier de la nouvelle école zone A. Finalement (simplifions, simplifions…) nous avions trouvé un accord pour trois équipes (une par zone) et trois chefs d’équipes. Mais quand nous avons voulu passer à l’acte, nous nous sommes aperçu que ces trois chefs d’équipes ne pouvaient pas se voir, il a fallu trancher et en choisir un : Ardia.
Pour commencer le chantier plus rapidement nous avions approuvé une proposition de Safia, de faire travailler les femmes pour creuser les fondations. Nous en avons parlé à Ardia, précisant bien que c’était lui le responsable de la main d’œuvre et que c’était à lui de la payer avec l’argent qu’on lui versait.
Est-ce que quelqu’un suit encore ? oui ? bon, je continue alors.
Mais ni l’un ni l’autre n’a fait l’effort pour se voir et fixer un prix au préalable, Les femmes ont donc commencé avant que la négociation ai eut lieu. Ayant flairé les problèmes, nous avons insisté pour qu’ils se rencontrent et discutent, mais ils ont persisté à fuir ce moment.
Aujourd’hui, les fondations sont creusées mais Ardia et Safia, que l’on a forcé à négocier n’ont toujours pas trouvé d’accord. Pour Safia, Ardia aurait dut négocier plus tôt, maintenant il faut qu’il paye, pour Ardia, il connait le prix du boulot et il ne veut pas payer plus. On a commencé par 250 000 Fcfa pour l’un et 120 000Fcfa pour l’autre. On en est arrivé après une semaine à 175 000Fcfa et 150 000Fcfa.
On leur a dit que nous devions donc cesser tout payement jusqu’à ce qu’ils trouvent un accord, et que Lundi, on tachera de régler le problème avec le Cheick de la zone A.
On trouvera un accord. Inch allah…
samedi 28 février 2009
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Allez petit frère on est derrière toi pendant ces coups de blues!! en fin diplomate je suis sure que tu vas t'en sortir brillamment. A la limite tu leur fais faire un chifoumi et celui qui gagne fixe le prix!
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