vendredi 6 février 2009

DGV

Non, non, ce n’est pas le nouveau train à grande vitesse Tchadien (il n’y a pas, d’ailleurs, un millimètre de rail dans le pays). C’est une des nombreuses abréviations du jargon humanitaire : Distribution Générale des Vivres.
Lundi, des dizaines de camions Libyens arrivent, escortés par la redoutable armée Tchadienne.

Certains passent leur route pour alimenter les autres camps du nord, et d’autre s’arrêtent au camp d’Ouré-Cassoni. Deux à trois semaines plus tard, ils accompliront la traversée du Sahara en sens inverse chargés de troupeaux (le sud Ennedi et le nord Ouaddaï sont des régions d’élevage).
Ici, c’est le point de départ donné à une semaine intense de DGV. Un grand entrepôt à l’entrée (tente+barbelés+gardiens), trois centres de distributions, un par zones, 27 000 réfugiés munis de leurs précieuses cartes de ravitaillement, des dizaines de journaliers Tchadiens, des femmes partout, des voiles colorés, des enfants, ca va ? ok, what’s your name, des ânes….
C’est le tumulte, le camp grossis, des femmes arrivent de partout sur leurs ânes. Encore un moyen de s’apercevoir, que la population, du moins la population travailleuse, ici, ce sont des femmes, des enfants et des ânes.



Il y a un point de distribution par zone, les femmes rentrent à l’appel de leur nom, font la queue, présentent leurs badge et remplissent leurs sac de farine, huile, mile… pour un total calculé à 3 000 calories par jour.

Mais DGV signifie aussi réquisition de tous les camions, occupation des femmes (elles doivent attendre toute la journée) et pour nos chantier c’est un problème. Pas de femmes, pas de camions = pas de sable ni de gravier, pas de livraison = pas de ciment, pas de matière première.
Seule solution : anticiper !
On ne s’en est pas trop mal sortis (une demi-journée d’interruption de chantier) et dés vendredi on relancera le ramassage.
Au mois prochain pour la prochaine DGV !!

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