mardi 10 février 2009

Dromadaires:

Je pense bien que ne captive pas que j’écrive sur les dromadaires aujourd’hui, mais je vais le faire quand même pour deux raisons :
1. Parce que je trouve que cet animal a une élégance rare, et que j’en suis complètement fou !
2. Parce que c’est moi qui décide. Et oui, au contact de ce pays, j’apprends jour après jour l’esprit de la dictature et la loi du plus fort.

Le matin en allant travailler, je vois des dromadaires, le soir en revenant je vois des dromadaires, la journée, je croise des dromadaires, des dromadaires qui mangent des feuilles dans les arbres, des dromadaires qui broutent, des dromadaires qui marchent, des dromadaires qui dorment, des tout seuls, des montés, des en groupe, des qui courent…

Face au soleil, l’horizon rejoint un immense aplat bleu ausol couleur chaude qui se déroule à l’infini, une platitude à peine tacheté de quelques ombres d’arbres perdus. Lassitude, mais au loin, là bas, des taches sombres se détachent. Par leur finesse, par leur taille, déjà on devine la silhouette. En se rapprochant, on découvre l’élégance, la dignité, on remarque la démarche tranquille, imperturbable de cet animal. On a l’impression que cet instant pourrait durer une éternité, que rien ne peut avoir d’impact sur ce couple si harmonieux du dromadaire et de son cavalier. Parce que la particularité de cet animal est sa contagion.

Il a le pouvoir de transmettre à l’homme qui le monte, quel qu’il soit, cette image intemporelle, cette force tranquille qui le définit. Tout homme est digne sur cet animal.
En s’approchant, la finesse de ses quatre longues et fines pattes font douter de leur capacité à porter son corps massif et son cavalier. Son long coup est dans la continuité de la courbe de sa bosse et se termine par cette tête posée telle une crosse à une canne.

Justement cette tête au bout de ce coup allongé, toute en pointe terminée par cette gueule et ce nez colossal, on a l’impression que le dromadaire pousse son détachement à se foutre de nous sans arrêt.








Cet animal est tout en courbe, quand il baisse la tête pour brouter, son coup prolonge sa bosse jusqu’au sol, quand il grignote dans les arbres, les pates en arrière, le coup à la verticale, tout son corps semble former une seule et même ligne de force.

Je ne suis pas en arrêt, je pourrai continuer, mais je vous épargne.
Il m’envoute encore à chaque fois que je le vois. Il y en a un tout blanc que l’on croise sur la route de temps en temps, je l’imagine être roi des dromadaires regnant sur ce plateau aride.
Au Tchad on les appelle le « ministère des transports », car c’est un animal tellement tranquille que même quand on arrive en camion, s’il est sur la route, il ne bouge pas, il contrôle, il reste imperturbable.
Cette fois je m’arrête vraiment.

4 commentaires:

  1. quelle déclaration d'amour!!
    Quel verbe!!
    Serait-ce ce "nez colossal", si bien décrit , qui t'envoute tant? (ça te rappelle peut être quelqu'un....)
    Tu n'as pas eu autant d'éloge pour ta copine la chèvre que tu as mangée!!

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  2. Mortel ce post ! C'est presque un poème ! Je te soutiens à fond de faire un post sur les dromadaires, moi aussi j'en avais fait un en Inde, où les dromadaires, qui sont les mêmes partout, m'ont pareillement frappée par leur côté "force tranquille". Et puis t'as raison, c'est ton blog, c'est toi qui décide, merde alors ! :-)

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  3. Salut benjamin ! Nicolas est totalement hermétique au charme des dromadaires mais moi je trouve également qu'ils sont très beaux et surtout très intéressants à dessiner, il parait qu'au mali tu avais un carnet de voyages, peut être que tu pourrais agrémenter ton blog de quelques dessins si tu trouves quelques minutes de temps en temps :-)? En tout cas c'est un régal de te lire.
    Adeline.

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