Des négociations.
Ce n’est pas un mot à prendre à la légère, tout doit commencer par des négociations. D’ailleurs, il ne faut jamais croire que chose négociée est chose acquise, tout se renégocie (à la hausse uniquement bien sur). Pour négocier, les deux règles de bases :
1-Ne surtout pas faire partie d’une ONG (elles sont censées avoir du fric et être généreuses)
2-Ne surtout pas être un européen blanc (Il est censé avoir du fric et être un bon pigeon)
Wilfried et moi, nous cumulons les tares pour être de bons négociateurs. Pourtant les budgets sont serrés. Budgets qu’il faut aussi négocier, mais avec nos bailleurs, combat très différent.
En ce moment, nous sommes en négociation avec IRC (gestionnaires du camp) pour finir notre bâtiment de trois classes (en travaux) et en construire un autre (en préparation). Nous sommes en négociation avec UNICEF pour poursuivre sur d’autres écoles, nous sommes en négociation avec le HCR (Haut commissariat aux refugiés) pour un projet d’abris, nous sommes en négociation avec nos maçons pour le prix de la main d’œuvre du prochain bâtiment (la bataille est dure mais on approche du but), en négociation avec les femmes pour le prix du sable, du gravier, de la pierre, en négociation avec la GTZ (ONG qui fournit les camions) pour nos transports, en négociation avec la quincaillerie du lac pour le matériel, en négociation avec les maçons pour le premier payement, en négociation, en négociation, en négociation…
Je vous fais grâce des dizaines de lignes qui auraient pu suivre….
Malgré tout, le bâtiment en cours avance (même si le contrat n’est pas fini d’être négocié avec les bailleurs). Les linteaux des fenêtres sont coulés, le chainage est en cours et la charpente est prête à accueillir les tôles.
Pour le prochain bâtiment, on pense pouvoir avoir une équipe de quinze maçons pour 3 500 000Fcfa (inch Allah). Les travaux commenceront peut être la fin de semaine prochaine (ca dépend de la négociation en cours avec IRC et du camion de matériaux qui doit traverser le pays d’est en ouest).
Vous avez compris, les négociations prennent du temps, mais je vous raconterai peut être dans un autre mail, les difficultés « politiques » qu’elles peuvent amener. Ici, on ne rigole pas avec la parole dite. Ca peut amener jusqu’au coup de couteau ou de kalachnikov… Pas de semi mesure dans ce pays…

maçon ?
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